Santé

Comment manger en cas de diabète gestationnel ?

Diabète gestationnel : à quoi est-il dû ?

Comme le définit l’OMS (Organisation Mondiale pour la Santé), le diabète gestationnel est un trouble de la tolérance au glucide conduisant à une hyperglycémie de sévérité variable, diagnostiqué pendant la grossesse. « Pendant cette période, le corps de la maman adapte son fonctionnement pour assurer les besoins du bébé : il augmente pour cela sa production d’insuline afin de faciliter l’utilisation du sucre par le fœtus qui doit être nourri 24h/24″ explique la sage-femme. Mais dans certains cas, le pancréas de la maman ne parvient pas à suivre le rythme, et s’ensuit une élévation du taux de sucre sanguin : c’est le diabète.
Le diagnostic de diabète gestationnel est posé lorsqu’au moins un des cas suivants est observé : 

– La glycémie à jeun est supérieure ou égale à 0,92 g/l,
– La glycémie 1 h après la prise de glucose est supérieure ou égale à 1,80 g/l,
– La glycémie 2 h après la prise de glucose est supérieure ou égale à 1,53 g/l.

Il existe plusieurs facteurs de risque d’apparition d’un diabète gestationnel :

– Le surpoids,
– L’âge : les femmes de plus de 35 ans sont plus à risque que les autres,
– Les antécédents de diabète au premier degré,
– Un diabète gestationnel lors d’une précédente grossesse,
– La naissance d’un bébé macrosome (de plus de 4 kg) lors d’une précédente grossesse.

« En revanche, le diabète gestationnel ne s’attrape pas en mangeant très sucré, contrairement à ce que l’on entend souvent dire. Même s’il est dans tous les cas déconseillé de manger trop sucré pour la santé » rappelle la diététicienne nutritionniste. 

Régime en cas de diabète gestationnel : que manger quand on a du diabète enceinte ?

Lorsqu’un diabète gestationnel est avéré, il est nécessaire pour la maman de surveiller son alimentation afin d’éviter les pics de glycémie, potentiellement mauvais pour le bon déroulement de la grossesse.

Christelle Perrin-Fayolle diététicienne : Les femmes enceintes diabétiques ne doivent pas se sentir au régime. Elles peuvent manger de tout, l’important est surtout qu’elles répartissent correctement leurs aliments sur la journée et qu’elles fassent des associations judicieuses : c’est tout le contenu du repas qui influence sa glycémie !

La règle de base est donc de privilégier tant que possible les aliments les plus riches en fibres, qui ont la capacité de faire baisser l’index glycémique (IG) d’un repas – à savoir sa capacité à faire monter rapidement le taux de sucre sanguin.
« On trouve des fibres dans : les fruits et les légumes frais, les légumes secs et toutes les céréales complètes » rappelle ainsi Christelle Perrin-Fayolle.

Règle numéro deux : ne pas diaboliser les féculents, qui sont certes riches en glucides, mais qui n’élèvent pas trop la glycémie et qui ont l’avantage d’être rassasiants. « On privilégie les féculents à index glycémique bas, à savoir le riz complet, les pâtes complètes, les légumineuses (pois chiche, haricots secs, lentilles), le riz basmati, le quinoa mais aussi les féculents cuits al dente » indique la spécialiste. Attention en revanche aux pommes de terre en purée, au riz rond ou riz à sushis, et aux pâtes très cuites qui augmentent énormément la glycémie. 

Règle numéro 3 : limiter tant que possible les produits sucrés, tels que le sucre de table, la confiture, les boissons sucrées – y compris les jus de fruits. Privilégier ceux dont l’IG est le plus bas.

Enfin, le dernier point important est la répartition des repas et des aliments sur la journée. Il est ainsi souhaitable de faire 4 à 5 repas par jour, pour éviter les hypoglycémies et donc les fringales, susceptibles de provoquer des grignotages compulsifs. Une à deux collations sont donc les bienvenues, à condition qu’elles ne soient pas constituées uniquement d’aliments sources de glucides (fruits, biscuits, chocolat…) mais qu’elles les associent à d’autres aliments qui fassent baisser l’index glycémique.
 

Lorsqu’une future maman est diagnostiquée diabétique, elle doit contrôler sa glycémie avant et deux heures après chaque repas, à l’aide d’un appareil d’auto-mesure. « Ce contrôle régulier permet à la patiente de repérer quels sont les aliments qui provoquent une élévation importante de la glycémie et d’apprendre petit à petit à mieux manger » explique la diététicienne nutritionniste.
Lorsque la glycémie est très élevée suite à un excès alimentaire, la seule façon de la faire baisser est de permettre au corps d’utiliser le sucre sanguin en pratiquant une activité physique.
« La pratique d’une activité physique régulière est essentielle pour réguler les glycémies capricieuses » insiste la sage-femme. Et qui dit activité physique ne dit pas forcément sport de haut niveau : sortir se promener, faire des courses, passer l’aspirateur ou même danser sur sa chanson préférée, sont tout autant de façons utiles ou ludiques d’utiliser le glucose sanguin et de faire baisser sa glycémie.

Dessert, gâteau, chocolat : tous les aliments sucrés sont-ils interdits ?

« Aucun aliment n’est interdit » rappelle Christelle Perrin-Fayolle. S’il faut bien entendu limiter les aliments sucrés, il ne faut pas non plus forcément les diaboliser. L’essentiel est de les consommer au sein d’un repas ou d’une collation, dont les autres aliments vont contribuer à diminuer son index glycémique. »

Christelle Perrin-Fayolle : On peut de temps en temps s’octroyer un dessert après un repas riche en protéines et en fibres. Il est préférable de ne pas faire une sieste dans la foulée, mais plutôt d’embrayer sur une balade ou une autre activité qui va permettre d’utiliser rapidement le glucose absorbé

Quelles alternatives au sucre blanc ?

Le sucre blanc possède un index glycémique à 70, il élève donc très rapidement le taux de glucose dans le sang, c’est pourquoi on recommande de l’éviter.
Mais il n’est pas toujours évident de se passer totalement du goût sucré pour finir le repas. « Il existe plusieurs alternatives au sucre blanc, qui possèdent un index glycémique bas » rassure Christelle Perrin-Fayolle. C’est notamment le cas : du sucre de fleur de coco (IG à 30) et du sirop d’agave (IG à 15), que l’on peut trouver en magasin bio et qui remplacent avantageusement le sucre blanc. « Mais il faut garder en tête que ça reste du sucre et qu’il est donc souhaitable de ne pas en abuser » rappelle la diététicienne. 

Quel petit-déjeuner en cas de diabète gestationnel ?

Le petit-déjeuner doit apporter suffisamment d’énergie à la future maman, pour réapprovisionner l’organisme à jeun depuis plusieurs heures et lui permettre de tenir jusqu’au repas suivant. Il doit idéalement être source de glucides à faible index glycémique, de fibres et de protéines.

Quelques exemples de petits-déjeuners équilibrés :

  • 2 tartines de pain complet avec une noisette de beurre ou de la purée d’oléagineux (cacahuète, noisettes ou amandes) + une tasse de lait.
  • Un petit bol de muesli sans sucre ajouté avec du lait ou du fromage blanc et du thé vert.
  • Un bol de yaourt avec des fruits frais en morceaux, une poignée de flocons d’avoines et une dizaine d’amandes.

Attention en revanche aux céréales soufflées, aux granolas et aux pains grillés (biscottes, pains suédois) même complets, dont le processus de fabrication augmente considérablement l’index glycémique. 

Que manger à midi quand on fait du diabète ?

Pour le déjeuner, l’idéal est de prendre le temps de faire un repas complet et structuré.
« Le repas de midi doit toujours se composer d’une protéine (viande, poisson ou œufs), de légumes et de féculents ou de pain » indique Christelle Perrin-Fayolle.
Les légumes peuvent être une portion de crudités ou des légumes cuits, et les féculents seront idéalement complets et/ou al dente, le tout assaisonné avec une cuillère à soupe d’huile végétale.
On peut ajouter un laitage ou une portion de fromage et éventuellement un fruit – idéalement peu sucrés – en fonction de la faim.

Exemples de déjeuners équilibrés :

  • Aiguillettes de poulet, riz basmati et courgettes, yaourt nature et une cuillère à café de sucre de fleur de coco,
  • Œufs brouillés, chou-fleur rôti, pain au son et comté,
  • Concombre sauce au yaourt, Saumon grillé, pâtes al dente, fruit de saison.

En cas de repas pris sur le pouce : un sandwich de pain complet, avec une tranche de jambon, une lichette de gruyère et des crudités, peut faire office de plat complet. On peut avantageusement y ajouter un fruit modérément sucré, telle qu’une pomme. 

Repas du soir : à quoi faut-il veiller ?

Le dîner peut ressembler en tout point au déjeuner, si ce n’est que l’aliment protidique n’est pas obligatoire.
S’il est pris tardivement dans la soirée et qu’il est rapidement suivi du coucher, il devra cependant être plus léger.

Exemples de dîners équilibrés : 

  • Salade verte, quinoa et légumes du soleil, fromage blanc et framboises.
  • Semoule complète, carottes et navets, yaourt et une cuillère à café de sirop d’agave.
  • Salade de tomates, mozzarella, pain complet, melon.

Collation : les meilleurs goûters

Tout comme les autres repas, la collation doit comporter des aliments à IG bas, afin de ne pas faire monter la glycémie de la future maman.

Exemples de collations à faible IG : 

  • Pain complet et gruyère,
  • Une poignée d’amandes, une poire ou deux petits-suisses,
  • Pain aux céréales et deux carrés de chocolat noir,
  • Un yaourt et une poignée de muesli sans sucre ajouté.

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