Santé

Épilation intégrale du maillot : quelles techniques, bénéfices, dangers, prix

L’épilation intégrale du maillot est une pratique de plus en plus fréquente, du moins chez les jeunes. Selon une étude réalisée en janvier 2021 par l’Ifop pour la plateforme de santé sexuelle de Charles.co, l’épilation totale est plébiscitée par 24 % des femmes, contre 14 % en 2013 (source 1). Une pratique qui séduit majoritairement les femmes de moins 25 ans : 56 % d’entre elles déclarent s’épiler intégralement. Pourquoi se laisser tenter ? Quelles précautions prendre ? Éclairage de Mélanie Villain, esthéticienne et responsable de l’Institut by Mélanie (Paris). 

Qu’est-ce que l’épilation intégrale du maillot ?

« Comme son nom l’indique, l’épilation intégrale consiste à retirer tous les poils qui se trouvent au niveau du pubis, des lèvres et du sillon inter fessier« , explique l’esthéticienne.

Elle est parfois confondue avec l’épilation du maillot semi-intégrale, aussi connue sous le nom du ticket de métro, ou maillot américain, qui consiste à éliminer les poils des lèvres et du sillon inter-fessier (SIF), en laissant uniquement un triangle ou un rectangle de poils pubiens au niveau du pubis. 

Pourquoi s’épiler intégralement ?

Rappelons tout d’abord que l’épilation est un choix qui dépend des préférences de chacun.e et ne doit en aucun cas être moqué ou contraint. Ce choix peut être motivé par plusieurs facteurs : 

  • La vie sexuelle (la peau du pubis étant à nue, certain.es estiment que le plaisir est décuplé) ; 
  • L’hygiène et l’habitude (sachant qu’en réalité, ce ne sont pas tant les poils qui importent, mais plutôt le respect de la flore vaginale) ; 
  • Le confort personnel ou la peur du regard des autres (poils qui dépassent de la culotte ou du maillot, petits points rouges au niveau des plis du pubis, etc) ; 
  • etc. 

Quelles techniques utiliser pour une épilation intégrale ?

Plusieurs techniques permettent d’éradiquer les poils pubiens : 

  • La technique la plus classique consiste à s’épiler à la cire (oriental ou classique). « Cela consiste à arracher les poils à la racine, ce qui permet une repousse lente, en deux à trois semaines en fonction de la pilosité de chacun.e », indique Mélanie Villain. L’inconvénient ? Cette technique peut être douloureuse, suivant les sensibilités, prévient l’experte. Généralement, un passage à la pince à épiler est aussi nécessaire pour enlever les poils récalcitrants. 
  • Il est aussi possible d’opter pour une épilation mécanique à l’aide d’un rasoir et d’une mousse de rasage hydratante. Mais, avec cette technique, les poils repoussent entre un ou deux jours : on les coupe nets, en leur milieu, au ras de la peau et non à la racine. Ils réapparaissent donc plus vite et repoussent plus épais, plus foncé et plus dru. Sans compter qu’elle augmente le risque de coupures. 
  • Enfin, « l’épilation au laser ou à la lumière pulsée peut être intéressante : elle affine progressivement le poil, mais le résultat ne se voit qu’au bout de quelques séances ». Elle peut être réalisée par un médecin dermatologue équipé d’un laser, ou dans un institut spécialisé, moyennant un budget non-négligeable. 

À noter : les crèmes dépilatoires sont à proscrire dans cette zone ! En effet, elles peuvent être très irritantes pour les muqueuses.

L’épilation intégrale à la maison

Vous souhaitez vous lancer en solo à la maison ? Commencez par bien nettoyer la zone à épiler avec une lotion sans alcool. Si vous optez pour le rasoir, ne lésinez pas sur la mousse à raser. Si vous optez pour la cire, testez-la au niveau de votre avant-bras, pour éviter les brûlures. Et veillez à arracher les poils toujours dans le même sens : du haut vers le bas. 

Avant chaque épilation, je conseille de faire un gommage pour limiter l’apparition de poils incarnés ou de petits boutons. On pense aussi à bien hydrater sa peau après, précise Mélanie Villain.

L’épilation intégrale en institut

Il faut bien reconnaître que cette zone n’est pas la plus simple à épiler. Et pour peu que l’on soit douillet.te… Il est préférable de franchir la porte d’un institut de beauté. L’esthéticienne vous demandera d’ôter vos vêtements en dessous de la ceinture, et de vous allonger sur un fauteuil prévu à cet effet. Vous devrez ensuite adopter différentes positions pour retirer tous les poils nécessaires. Jambes, genoux ou même chevilles en l’air : toutes les positions sont envisageables pour atteindre les zones les plus intimes. Assurez-vous donc d’être parfaitement en confiance avec votre esthéticienne avant de prendre rendez-vous, et n‘hésitez pas à lui signaler tout inconfort. 

Quels risques ? Quelles contre-indications ?

Techniquement, il n’y a aucun risque si l’épilation est réalisée dans les règles de l’art… Et surtout d’hygiène. Mais le rasage et l’épilation répétés au niveau du pubis peuvent provoquer :

  • des micro-coupures,
  • une inflammation des follicules pileux,
  • voire une irritation au niveau des lèvres.

Autant d’éléments qui favorisent la prolifération de bactéries et les risques d’infections, d’autant qu’ils surviennent dans un environnement chaud et humide, particulièrement propice au développement de micro-organismes.

Même si cela peut paraître contre-intuitif, les poils permettent de faire barrière contre les bactéries, rappelle Mélanie Villain. 

L’épilation intégrale augmente le risque d’IST ?

Plusieurs travaux ont établi un lien entre les habitudes d’épilation des femmes et le risque de contracter une infection sexuellement transmissible (IST). De fait, nombreux gynécologues et dermatologues déconseillent l’épilation intégrale. Mais l’une des dernières études parues sur le sujet, en 2019 dans la revue scientifique Plos One indique que non, ce type d’épilation du maillot n’entraîne pas de risques particuliers

Les chercheurs et chercheuses de l’université de l’Ohio ont passé au crible les habitudes en matière d’épilation et de sexualité de 214 étudiantes américaines, et leur taux de contamination par les deux IST les plus fréquentes : la chlamydia et l’infection à gonocoque. À l’origine, les jeunes femmes étaient venues réaliser un dépistage d’IST et ont accepté de répondre à un questionnaire. 98 % d’entre elles ont déclaré s’épiler souvent le maillot, et près de la moitié de celles-ci ont même ajouté qu’elles s’épilaient intégralement une fois par semaine, voire quotidiennement. 

Côté vie intime, les étudiantes ont indiqué être majoritairement célibataires (72 %), sexuellement actives (99,5 %), et ont connu en moyenne 4,3 partenaires au cours de la dernière année. 40 % des jeunes femmes ont indiqué avoir des relations sexuelles très fréquentes, quotidiennement ou chaque semaine. Au total, 9,8 % des participantes avaient contracté une IST. Et les chercheurs n’ont trouvé aucun lien entre l’épilation ou le rasage du pubis et lesdites IST. 

Pour le Dr Odile Bagot, gynécologue interrogée à l’époque par 20 minutes, « on ne peut pas se fier aux résultats de cette étude menée au sein de l’université de l’Ohio : il ne s’agit pas d’un échantillon comparatif et il est bien trop restreint pour permettre de dégager des résultats significatifs. Pour que l’étude soit statistiquement viable, il aurait fallu comparer deux échantillons de la même taille, ayant le même profil, avec un premier groupe s’épilant intégralement et le second ne s’épilant pas du tout. Cette étude ne présente aucun élément assurant sa fiabilité, elle est totalement biaisée » (source 2).

Et les auteurs de l’étude de se défendre : « les travaux antérieurs n’ont pas été adaptés à la fréquence des rapports sexuels des participantes, souligne Maria Gallo, l’une des coauteures de l’étude. Il se peut que les femmes qui ont eu plus de relations sexuelles avec plus de partenaires – et qui sont donc plus susceptibles de contracter des IST – soient plus susceptibles de s’épiler intégralement ou quasi intégralement« . Autrement dit, ce qui influe le risque de contracter une IST ne serait probablement pas tant son mode d’épilation, que ses habitudes sexuelles. 

Certaines précautions permettent de limiter tout risque de désagrément : 

  • Désinfecter ses mains et sa peau avec un produit non alcoolisé avant et après l’épilation ; 
  • Pour éviter les poils incarnés et les petits boutons rouges à la surface de la peau, pensez à effectuer des gommages réguliers. Cette technique permettra d’affiner votre peau et limitera l’apparition de poils sous-cutanés. 
  • Utiliser toujours un rasoir neuf, ou des bandes de cire neuves (pour éviter les infections) ;
  • se raser, ou arracher la cire dans le sens de la pousse
  • Privilégier des vêtements en coton, non-irritants, dans les jours qui suivent l’épilation intégrale des sous-vêtements. 

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