Santé

Les ondes de choc en traitement de la tendinite

Tendinite : qu’est-ce que c’est et pourquoi dure-t-elle si longtemps ?

Une tendinite est par définition une inflammation du tendon. Elle fait partie de la famille des tendinopathies, à savoir toutes les affections du tendon : fissures, déchirures ou encore enthésopathies. « Dans le langage courant, on qualifie souvent de tendinite toutes les tendinopathies : c’est un abus de langage » explique le kinésithérapeute.
En pratique, les tendinites sont généralement le premier stade des tendinopathies. Lorsqu’elles ne sont pas prises en charge efficacement et qu’on laisse le tendon dans un processus inflammatoire, le risque est qu’il se dégrade, dégénère et donne lieu à une vraie lésion du tendon.
Pourtant, ces tendinites ont souvent tendance à durer, parce qu’elles font entrer la personne qui en souffre dans un cercle vicieux compliqué à rompre : « le patient a mal, donc il se repose pour calmer la douleur. Mais une mise au repos importante du tendon avec une réduction de sollicitations même sans lésion va réduire ses qualités biomécaniques. Dès la reprise de l’activité, le patient souffre donc davantage et se remet au repos plus longtemps, en espérant que cela passe, d’où un déconditionnement plus important. C’est une vraie spirale » explique le kinésithérapeute.
La solution consiste donc à ne pas immobiliser le tendon, mais à pratiquer une activité dite optimale .

 Monhamed Chaouche, kinésithérapeute : Le patient atteint de tendinite doit donc pratiquer une activité minimum pour ne pas dégrader ou blesser le tendon et suffisante pour ne pas le laisser s’affaiblir.

Parallèlement, une prise en charge efficace est importante pour éviter les risques de complications et de lésions plus sérieuses du tendon.

Appareil onde de choc : en quoi consiste le traitement ?

Le terme d’onde de choc est apparu en médecine dans les années 80, dans le cadre du traitement des calculs rénaux, à l’aide de la lithotripsie. Ce mode d’action, qui permet de fractionner les calculs afin de les éliminer, a petit à petit été étendu à la médecine du sport pour traiter les calcifications, puis en rhumatologie pour soigner les tendinopathies.
Le traitement par onde de choc consiste à envoyer – par le biais d’un appareil performant – des ondes acoustiques de très haute intensité, à travers la peau, afin de créer une forte pression directement au niveau de la zone lésée. « Ces ondes, en créant de micro-lésions vont transmettre de l’énergie dans le tissu, accentuent la régénération tissulaire afin d’accélérer le processus physiologique de guérison » décrit le kinésithérapeute. Elles permettent donc d’une part de réduire la douleur en réduisant l’inflammation et d’autre part aider à rétablir la mobilité du tendon.

Une séance de traitement par onde de choc dure en moyenne entre 7 et 10 minutes. Le patient est reçu par le kinésithérapeute, qui lui applique un gel sur la zone à traiter et l’installe dans une position confortable, lui permettant d’accéder facilement à la zone à traiter avec un appareil qui ressemble à un pistolet. En fonction du résultat de son bilan, le praticien choisit les paramètres de réglage qu’il souhaite. « Il y a deux paramètres à prendre en compte : l’intensité, à savoir la quantité d’énergie libérée par millimètres carrés, et la fréquence qui correspond au nombre de coups par seconde » indique le kinésithérapeute. Il débute généralement à 4 coups par seconde soit 4 Hz, puis augmente progressivement selon la tolérance du patient. En moyenne, et selon l’intensité choisie pour traiter la lésion, l’appareil envoie entre mille et deux mille coups par séance sur la zone douloureuse. 

Ondes de choc focales ou radiales ?

Il existe deux types d’ondes de choc : les ondes de choc focales et les ondes de chocs radiales

Les ondes de choc focales sont des ondes acoustiques de haute énergie, qui visent un point fixé à une profondeur définie.

Mohamed Chaouche : A la fois plus fines, plus puissantes et plus profondes, les ondes de choc radiales permettent de cibler un point plus précis, limitant l’exposition des tissus alentour.

Les ondes de choc radiales quant à elles, sont des ondes mécaniques – et non plus acoustiques – de basse à moyenne énergie, qui sont transmises par choc direct sur la peau, et qui diffusent de façon radiale (en cône) dans le tissu. « Elles obligent à taper plus fort en intensité sur la peau, mais on perd en qualité et en précision » ajoute le spécialiste.

Traitement par ondes de choc : Est-ce que ça fait mal ?

Malgré son nom qui peut effrayer, la thérapie par onde de choc n’est pas un traitement violent « on n’altère pas du tout les tissus, au contraire, le but est de les réparer ! » insiste le kinésithérapeute.
En fonction des lésions tendineuses et du bilan clinique, le praticien définit une fourchette d’intensités efficaces pour le traitement. « Le but est ensuite de partir de l’intensité minimale, et d’augmenter en fonction de la tolérance du patient » explique Mohamed Chaouche. L’idée est donc de proposer la plus haute intensité supportable par le patient. Cependant, si les ondes de choc ne doivent pas être douloureuses, elles restent néanmoins relativement désagréables.

Quelle efficacité ?

Les ondes de choc ont trois effets sur les tendinopathies, pour soulager les douleurs et réparer le tendon :

Les effets à court terme

Lorsque les fibres sont stimulées par les ondes, elles bloquent les influx nociceptifs véhiculés par les fibres lentes de faible diamètre, ce qui aurait pour effet d’inhiber les afférences douloureuses dans la moelle et donc de diminuer la sensation de douleur : on parle de « gate control ». 

Les effets à moyen terme

Les ondes de choc induiraient une libération d’endorphine par l’organisme, ainsi que de substances inhibitrices de la douleur. Elles permettraient également d’augmenter la prolifération de cytokines à travers les parois vasculaires, qui ont un rôle majeur dans la réponse immunitaire, l’inflammation et la cicatrisation.

Les effets à long terme

Les ondes de choc aident à régénérer les fibres lésées et désintègrent les calcifications afin de faciliter leur résorption, et favorisent la régénération des tissus lésés : les tissus cicatriciels se réorganisent, le corps du tendon se remodèle et les enthèses du tendon se régularisent.

Les ondes de choc aident à augmenter la circulation sanguine locale et favorisent la néovascularisation de la zone traitée, et donc la réparation des tissus.

Les effets sont cependant variables en fonction de la nature des lésions, de leur antériorité,  de leur localisation et de la personne traitée.

Combien de séances pour avoir des résultats ?

Le traitement par ondes de choc focale nécessite en moyenne une séance par semaine sur six semaines pour être efficace. « Les résultats peuvent se faire immédiatement, néanmoins on doit attendre 6 semaines après les 6 premières séances pour en avoir les résultats définitifs” indique le kinésithérapeute. 

Genou, épaule, pied, poignet, quervain … : sont-elles efficaces sur toutes les tendinites ?

Si pratiquement toutes les pathologies tendineuses répondent favorablement au traitement par ondes de choc, les meilleures indications sont les tendinopathies calcifiantes – en fragmentant les dépôts calcaires – et les lésions musculaires myo-aponévrotiques, les épines calcanéennes

« Par ailleurs, certaines localisations s’y prêtent mieux que d’autre, et c’est alors au praticien de juger de la pertinence du traitement par ondes de choc » explique le spécialiste.
Ainsi, quand l’épaule, le coude, le talon d’Achille, et le genou sont faciles d’accès et répondent généralement bien au traitement, les adducteurs ou les sous-scapulaires sont bien plus difficiles d’accès, ce qui rend plus difficile la thérapie. 

Existe-t-il des contre-indications aux ondes de choc ?

Les contre-indications au traitement par onde de choc sont : 

– Les troubles de la coagulation,
– La grossesse,
– Les zones proches d’une infection, d’un cancer ou d’une prothèse,
– Le port d’un pacemaker.

Est-ce que les ondes de choc sont remboursées ?

Les ondes de choc ne sont pas remboursées par l’assurance maladie. Elles sont hors nomenclature, ce qui signifie que les tarifs sont fixés au choix du praticien. Ils se situent en moyenne entre 60 à 100 euros par séance.
« Certaines complémentaires de santé commencent cependant à prendre en charge tout ou une partie des séances » indique Mohamed Chaouche.

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