Santé

Parler en dormant : et si cela permettait d’exprimer un conflit ?


Une récente étude s’est intéressée aux personnes qui parlent pendant la nuit. Elle a montré que s’exprimer durant la phase de sommeil permettrait même d’évoquer voire de régler un conflit. On fait le point.

Les Français dorment de plus en plus mal. En effet, le 18 mars dernier à l’occasion de la journée du sommeil, une étude de l’IFOP a affirmé que 7 personnes sur 10 avouaient souffrir de trouble du sommeil. Un chiffre bien plus élevé qu’il y a cinq ans. Résultat ? Insomnies, paralysie du sommeil ou somnambulisme : le sommeil de nombreux Français est perturbé. D’ailleurs, plusieurs seraient touchés par la « somniloquie » – qui se caractérise par le fait de parler en dormant. Ces vocalisations surviennent au cours du sommeil lent et du sommeil paradoxal et ne perturbent pas la personne qui s’exprime. De nouvelles recherches ont été réalisées dans le but de mieux comprendre ce phénomène. Décryptage.

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Parler dans son sommeil pour mieux régler les conflits ?

Pour les travaux, 10 000 enregistrements vidéo ont été filmés parmi lesquels 230 personnes parlant dans leur sommeil, âgées de 50 ans en moyenne. Au total, 59 % des participants étaient des hommes. Parmi les volontaires, 129 d’entre eux présentaient un trouble du sommeil avéré et 87 souffraient de terreur somnambulique. Après avoir analysé les vidéos, les scientifiques ont pu déterminer le genre de discours que peuvent prononcer les personnes somnambules en déterminant par exemple : le nombre de mots, la fréquence, la politesse ou encore le ton (impératif, négatif, interrogatif). À la fin de l’expérience, les chercheurs comptaient 883 épisodes de discours dont 59 % composés de cris, chuchotements ou encore des rires. Des propos plutôt cohérents puisque 3 349 mots compréhensibles ont été détectés.

Les recherches ont montré que le champ lexical du conflit était très présent dans les discours des somnambules. En effet, les experts répertorient le mot « non » suivi de près par « merde » et « putain » comme étant les mots les plus récurrents. Le site « Pourquoi Docteur » souligne d’ailleurs que « beaucoup d’interrogations (26 %) et près de 10 % contenaient des blasphèmes. La violence verbale a duré plus longtemps dans le sommeil paradoxal (au moment du rêve) et visait principalement à insulter ou à condamner quelqu’un ». Ainsi, dans la plupart des échanges, la conversation était plutôt conflictuelle. Peut-être un moyen de se défouler des propos qu’on a pu garder pour soi la journée ? Dans ce domaine, ce sont les hommes qui se démarquent puisque ce sont eux qui parleraient le plus et qui utiliseraient le plus d’injures.
Parallèlement à ce constat, l’étude a montré que, même énervé, nous conservons une trace de notre niveau d’éducation. Ainsi, notre langage reste le même. Si nous n’avons pas l’habitude de jurer, même furieux, nous ne prononcerons pas d’injure.
Les chercheurs vont continuer leurs recherches. Ils vont désormais se tourner vers les cauchemars et terreurs nocturnes qui touchent de nombreuses personnes aujourd’hui.

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