Santé

Pitreries du Prince Louis : le règne des sales gosses ?

Le Prince Louis de Cambridge est-il un gosse mal élevé ? La question semble passionner la planète. Lors du jubilé de platine de la reine Élisabeth II, dimanche 5 juin, le gamin de 4 ans ne tenait pas en place : il a multiplié les mimiques et les grimaces, a enchaîné les facéties, a rabroué sa mère, Kate Middleton, qui tentait de le calmer. Une attitude pour le moins « dynamique » qui a beaucoup fait rire sur les réseaux sociaux, mais qui en a scandalisé certains sur le mode « Elle ne sait pas tenir son môme ! ». Pour les spécialistes de l’enfance, pourtant, il n’y a pas de quoi fouetter un chat (fût-il de haute lignée).           

« Louis a seulement 4 ans, rappelle Béatrice Copper-Royer, psychologue clinicienne. Il se trouvait dans un contexte pas du tout adapté. Ces célébrations officielles durent très longtemps, on lui demande d’être en représentation. À cet âge, il a besoin de bouger. Il réagit encore comme un petit enfant. Il n’a pas la capacité d’anticiper ce qu’on attend de lui. » La réaction de sa maman, qui souriait pendant que son enfant lui « foutait la honte » et le réprimandait gentiment en essayant de détourner son attention, a aussi fait couler beaucoup d’encre.                

« Pourtant, j’ai trouvé son attitude très adéquate, commente Jeanne Siaud-Facchin, psychologue, fondatrice des centres Cogito’Z. Elle a tenté de le calmer, de le sécuriser, sans violence, sans brusquerie, en faisant preuve de tendresse et de bienveillance, un exercice difficile, vu les circonstances. C’était touchant. Cela témoignait d’une vraie intelligence éducative. »

©John Rainford/Sipa    

Un jugement qui n’était pas partagé par tous ceux qui, sur Twitter, se sont indignés du « laxisme » de Kate et de William et de leur « manque d’autorité ». À trop choyer leur petit dernier, ils en auraient fait un enfant gâté, capricieux, prototype de « l’enfant roi » (un comble pour un prince). Mais, au-delà des réactions des uns et des autres, on peut s’interroger : pourquoi cette mince affaire a-t-elle provoqué une telle avalanche de réactions ? Comment expliquer que nous soyons si prompts à critiquer les enfants « mal élevés » – souvent ceux des autres… – et à juger sans indulgence leurs parents ? Pour Jeanne Siaud-Facchin, nos cris d’indignation face au comportement de Louis témoignent de nos préjugés, d’un malentendu persistant. « Nous pensons toujours qu’un enfant sage est synonyme de bonne éducation et qu’un gamin turbulent est signe de défaillance parentale. Mais les choses sont bien plus complexes. En psychologie, on sait que, dès leur naissance, les enfants ont des caractères différents. Certains vont être plus dynamiques, vont avoir besoin de beaucoup bouger. Louis n’a visiblement pas la même personnalité que George et Charlotte, qui sont droits comme des “i”. Je reçois tout le temps des familles qui me disent : “On ne comprend pas, nous avons un enfant qui est infernal, pourtant nous l’avons élevé comme ses frères et sœurs.” C’est juste qu’il a des besoins différents… » Ainsi, selon elle, les parents d’un enfant agité ne devraient pas culpabiliser, mais être à l’écoute de cette personnalité « autre ».                

Certains commentateurs ont fait remarquer que l’attitude de Louis ressemblait étrangement à celle d’un révolté comme Harry. Le fait d’avoir très peu de chances d’accéder à la Couronne, de ne pas avoir cette obligation qui pèse sur ses petites épaules, l’autoriserait-il à davantage de liberté et d’insolence ? « Je n’y crois pas un instant, rétorque Béatrice Copper-Royer. Un gamin de 4 ans est trop jeune pour penser sa place dans sa famille. En revanche, il bénéficie sans doute de cette indulgence que l’on a pour nos benjamins. Et puis, il n’est pas impossible que Kate soit moins exigeante avec lui au sujet du protocole, sachant qu’il aura dans le futur moins d’obligations que l’aîné. » Mais, là encore, soyons prudents dans les interprétations.

01076095_000011

©John Rainford/Sipa

Ce « Louis-gate » en fit long sur notre obsession pour les questions d’éducation

On sait que Kate et William ont toujours voulu pour leurs trois enfants l’éducation la plus ouverte et moderne possible – si tant est que cela soit envisageable chez les Windsor –, loin de l’encadrement rigide et étouffant qu’ont connu les enfants d’Élisabeth II, notamment le prince Charles. Finalement, ce « Louis-gate » en dit plus long sur notre obsession pour les questions d’éducation – « surinvesties par les parents d’aujourd’hui », selon Jeanne Siaud-Facchin – que sur la réalité de la famille Cambridge elle-même…

Continuer la lecture

close

Recevez toute la presse marocaine.

Inscrivez-vous pour recevoir les dernières actualités dans votre boîte de réception.

Conformément à la loi 09-08 promulguée par le Dahir 1-09-15 du 18 février 2009 relative à la protection des personnes physiques à l'égard du traitement des données à caractère personnel, vous disposez d'un droit d'accès, de rectification, et d'opposition des données relatives aux informations vous concernant.

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Bouton retour en haut de la page