Santé

Qu’est-ce que le sommeil paradoxal ?

L’importance d’un bon sommeil

S’il peut être tentant de raccourcir nos nuits pour profiter davantage de nos journées, c’est à terme un bien mauvais calcul. L’importance d’un bon sommeil sur la santé n’est en effet plus à démontrer. Les neurosciences ont longuement étudié son influence sur la mémoire, l’apprentissage, le métabolisme ou encore l’immunité.
Lorsque nous sommes dans les bras de Morphée, notre organisme fonctionne au ralenti, nos cellules se renouvellent, notre rythme cardiaque et notre tension s’abaissent, et notre cerveau assimile les nombreuses informations emmagasinées tout au long de la journée.
Un sommeil insuffisant provoque à court terme une irritabilité, de la fatigue, de la lassitude et une altération de la mémoire immédiate. Et une accumulation des dettes de sommeil, augmente à long terme les risques : de maladies cardiovasculaires, de diabèteet même de certains cancers.
Un adulte a besoin en moyenne de 7 heures de sommeil par jour, avec une fourchette allant de 6h à 9h selon les personnes. Une nuit de sommeil complète assure à l’organisme de bénéficier des trois phases de sommeil en quantité suffisante, qui ont toutes un rôle importante pour la récupération de l’organisme. 

Les cycles de sommeil : un découpage en 3 phases, léger, profond et paradoxal

Chaque nuit, notre sommeil se découpe en 3 à 6 cycles successifs qui durent chacun entre une heure et demi et deux heures. Chaque cycle de sommeil s’articule en une phase de sommeil lent léger, une phase de sommeil lent profond, et une phase de sommeil paradoxal. Pour étudier l’activité du cerveau durant ces différentes phases, les spécialistes du sommeil réalisent des électro-encéphalographies, qui tracent les ondes électriques parcourant le cerveau et témoignent de l’activité neuronale. 

Le sommeil léger

Lors de la phase de sommeil lent léger en début de cycle, les ondes sont lentes mais entrecoupées de phases de transition entre veille et sommeil : nous ne dormons pas encore profondément et pouvons être facilement réveillés. « C’est ce sommeil lent qui constitue la majorité de notre sommeil, puisqu’il représente 50 à 60 % de notre temps de sommeil » indique l’experte.

Le sommeil profond

Pendant la phase de sommeil lent profond, les ondes sont lentes, de très grande amplitude et de faible fréquence : l’activité cérébrale est considérablement réduite.

Le sommeil paradoxal

Enfin, lors du sommeil paradoxal – qui représente environ 1/4 du temps de sommeil total – l’activité cérébrale est exactement la même qu’en période d’éveil. Seul notre tonus musculaire est nul. 

Quand rêve-t-on ?

Pascale Ogrizek, médecin du sommeil : Si l’on est susceptibles de rêver pendant toutes les phases de sommeil, c’est pendant la phase de sommeil paradoxal que les rêves sont les plus profonds et élaborés.

Si quelque chose nous réveille pendant cette phase, nous sommes généralement capables de nous souvenir très clairement de notre rêve. 

Quel est le sommeil le plus réparateur ?

« C’est le sommeil lent et profond qui est le plus récupérateur, en particulier de la fatigue physique, car il favorise la sécrétion d’hormones de croissance, qui participe au renouvellement cellulaire » explique la Dre Ogrizek. Le sommeil lent profond représente environ 20 à 25% de la nuit.

Le sommeil paradoxal, ou REM sommeil

Alors que pendant les phases de sommeil lent, la respiration est régulière, la fréquence cardiaque diminue et la tension artérielle s’abaisse, le sommeil paradoxal est quant à lui marqué par une respiration et une fréquence cardiaque irrégulière, et par la présence de mouvements oculaires rapides dits REM pour « rapid eye movement ». « On peut voir le mouvement des orbites sous les paupières clauses » décrit la Docteure Ogrizek. Pendant cette phase, notre tonus musculaire est en revanche totalement aboli : nous sommes donc paralysés, afin de nous éviter de vivre nos rêves. 

Combien de temps dure-cette phase ?

Le sommeil paradoxal dure environ 25 % du temps total de sommeil, en petites phases de 15 à 20 minutes. « Sur une nuit complète, nous sommes en phase de sommeil paradoxal pendant un peu plus d’une heure et demi en moyenne » indique la spécialiste. 

Quand le sommeil paradoxale survient-il dans la nuit ?

Le sommeil paradoxal n’arrive qu’à partir d’une heure à une heure trente de sommeil, et est plus important dans la seconde partie de la nuit. En début de nuit, ce sont les phases de sommeil lent – léger et profond – qui prédominent, afin de s’assurer de la bonne récupération de l’organisme. 

Quel est le rôle du sommeil paradoxal : à quoi sert-il ?

Le sommeil paradoxal a été découvert relativement récemment, en 1959, par le médecin Michel Jouvet. Il a défini le sommeil paradoxal comme une sorte de troisième état du cerveau entre l’éveil et le sommeil. Depuis, de nombreuses études ont été réalisées sur le sujet, afin notamment de chercher à en comprendre le rôle.
Mais la fonction de ce sommeil paradoxal fait l’objet de nombreuses hypothèses.
« L’une des hypothèses la plus soutenue est l’hypothèse de la programmation génétique des comportements » détaille la spécialiste.

Pascale Ogrizek, médecin du sommeil : Le sommeil paradoxal serait donc un état de sommeil au cours duquel on répèterait à blanc les schémas comportementaux propres à l’espèce humaine, mais également propre à l’individu. Comme une re-programmation qui permettrait de limiter l’influence de l’environnement sur les connexions nerveuses, et de limiter leur influence sur notre comportement et notre personnalité.

En psychanalyse, la théorie freudienne suggère que le rêve est l’expression d’une « libération des pulsions instinctives » normalement bloquées par le préconscient.
Selon d’autres théories, ce sommeil paradoxal jouerait un rôle important, soit dans la mémorisation, soit dans l’oubli.
Il semblerait donc qu’à la différence du sommeil profond qui est utile pour recharger les batteries de l’organisme, le sommeil paradoxal serve quant à lui plutôt à recharger le mental. 

Les troubles du sommeil paradoxal

S’ils sont plutôt rares, les troubles du sommeil paradoxal existent. 

La narcolepsie

Cette pathologie se caractérise par des accès irrépressibles de sommeil au cours de la journée, parfois même en pleine activité. « Ces accès de sommeil sont de courte durée (environ 15 minutes), et leur spécificité est qu’ils surviennent directement en phase de sommeil paradoxal » décrit la Docteure Ogrizek. La narcolepsie est une pathologie très rare qui ne concerne qu’une naissance sur 5 mille. 

La paralysie du sommeil

La paralysie du sommeil est une parasomnie du sommeil paradoxal, qui se manifeste lors des transitions entre la phase de sommeil paradoxal et l’éveil. « La personne se réveille et est consciente, alors que son corps est encore paralysé comme il l’est en phase de sommeil paradoxal » décrit la spécialiste. Cet état ne dure que quelques secondes et est totalement sans danger, mais il est extrêmement angoissant pour celui qui la vit. 

L’absence de paralysie pendant le sommeil paradoxal

A l’inverse, il arrive parfois chez les sujets âgés, que le corps puisse continuer de bouger pendant cette phase de sommeil paradoxal, leur permettant de vivre leur rêve. « Ces personnes peuvent alors effectuer des mouvements quelque fois violents, avec une force physique décuplée. Ce trouble est parfois le signe précurseur d’une maladie dégénérative, telle que la maladie de Parkinson » indique la médecin. 

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