Santé

Rachida Dati, la tata flingueuse des plateaux télé

« J’ai une tête de béquille ? ». La scène se passe le soir du dimanche 19 juin, sur le plateau de l’émission de TF1 consacrée aux élections législatives. Jordan Bardella, le président du RN, vient d’expliquer à Rachida Dati que son parti, LR, sera « la force d’appoint » du gouvernement : « Vous serez la béquille d’Emmanuel Macron ». Et Rachida donc de répondre : « J’ai une tête de béquille ? Ah non, non, moi j’ai pas une tête de béquille ! ». Une formule digne d’un film de Michel Audiard, qui a réjoui les internautes. Encore une fois, la maire du 7e arrondissement a fait preuve de sa gouaille, de son sens de la répartie.

« Je n’ai peur de rien » (Rachida Dati)

La semaine d’avant, lors du premier tour, elle s’en était prise violemment à Clémentine Autain, la députée de la France Insoumise : « Vous feriez mieux de baisser d’un ton ! Le séparatisme, c’est vous, le racisme, c’est vous, le communautarisme, c’est vous ! » Un clash mémorable où se donnait à voir son goût légendaire pour la castagne, son côté sans filtre, désinhibé – « Je n’ai peur de rien », aime-t-elle à répéter. Avec elle, ce n’est pas « Les Tontons flingueurs », mais la « Tata flingueuse ». Ne la surnommait-on pas « Dati Danielle » au sein de LR ? Si cette manière de transformer les plateaux télé en « fury room » (ces pièces où peut tout casser et se défouler) amuse et fascine, on peut plus sérieusement s’interroger. Pourquoi Rachida Dati est-elle aussi teigneuse ? Comment expliquer un tel comportement ? S’agit-il d’une incapacité à se maîtriser ? D’une manière d’intimider ses interlocuteurs ?

« Les colériques savent très bien se retenir quand il le faut » (Yves-Alexandre Thalmann, psychologue)

Pour le psychologue Yves-Alexandre Thalmann, auteur de « Petits cahiers d’exercices pour vivre sa colère au positif » (éditions Jouvence), cette attitude éruptive est d’abord la conséquence d’une certaine complaisance des médias, qui encouragent ce genre d’excès. « Si demain un invité s’énerve sur un plateau télé et qu’il n’est plus réinvité, vous verrez qu’il changera très vite son comportement ! Mais dans la mesure où Rachida Dati et d’autres n’ont jamais à payer les conséquences de leurs actes, ils se sentent autorisés à continuer. En général, dans la vie, les personnes colériques sont des personnes qui ont appris qu’elles pouvaient laisser libre cours à leur colère sans qu’il y ait des retombées négatives ». Le psychologue ne croit pas trop que le caractère bilieux de l’ancienne Garde des Sceaux soit un sentiment inné, incontrôlable, impossible à maîtriser. « Certaines personnes vous disent « c’est plus fort que moi », mais en réalité elles savent très bien se retenir quand il le faut, quand leur intérêt est en jeu. Elles sont assez intelligentes pour sentir dans quelles circonstances elles peuvent se laisser aller ou non. »

« Tu veux que je t’en colle une ? » (Rachida Dati) 

Une remarque qui s’applique bien à Rachida Dati. Tout au long de sa carrière, celle-ci a alterné avec dextérité la menace et la caresse. Côté colère, ses faits d’arme sont nombreux. Pour n’en citer que quelques-uns, en 2011, comme l’a raconté « Le Point », elle  lance à sa première adjointe, Martine Namy-Caulier,  « Tu veux que je t’en colle une ? » (parce que celle-ci refusait de voter son budget). En 2013, elle envoie un sms à Brice Hortefeux : « Salut le facho, soit tu me lâches, soit je vais déposer l’assignation qui date de deux ans dans laquelle tu figures avec d’autres pour atteinte à ma vie privée et écoutes illictes… » Etc. Mais par ailleurs, elle a aussi toujours su ménager ses puissants protecteurs, d’Albin Chalandon à Nicolas Sarkozy, en se gardant bien de provoquer ceux qui pouvaient lui être utile et faire avancer sa carrière. Loin d’être une instinctive qui n’arrive pas à se contrôler, Rachida Dati serait plutôt une fine politique qui joue très bien de ses coups de gueule (consciente qu’elle est que les électeurs de droite et les médias adorent son franc parler).

Aujourd’hui, sur les réseaux sociaux, l’ancienne Garde des Sceaux est une star de la castagne. Une sorte de Jean-Claude Van Damme en Louboutin. Elle fait l’objet de mèmes (Cruella Dati), son nom est affiché en Top Tendances sur Twitter. On y trouve des comptes créés à son nom comme Les Punchlines de Dati (@Dati_Punchlines) ou Reine Rachida (@rachidlaqueen). Et son attitude vindicative donne le la sur les plateaux télé où les politiques s’affrontent de plus en plus dans des clash bruyants et agressifs (préfigurant ce qui risque de se passer à l’Assemblée Nationale ?). Mais ont-ils tous le même sens de la punchline que Rachida Dati ? Le mercredi 15 juin sur France Info, une journaliste a interrogé la maire du VIIe arrondissement sur ses projets : « Les deux vous intéressent ? La mairie de Paris et la présidence du parti ? » « Et pourquoi pas le Vatican aussi, pendant qu’on y est ? », a répondu Dati, cinglante. Du pur Audiard, on vous dit…

Continuer la lecture

close

Recevez toute la presse marocaine.

Inscrivez-vous pour recevoir les dernières actualités dans votre boîte de réception.

Conformément à la loi 09-08 promulguée par le Dahir 1-09-15 du 18 février 2009 relative à la protection des personnes physiques à l'égard du traitement des données à caractère personnel, vous disposez d'un droit d'accès, de rectification, et d'opposition des données relatives aux informations vous concernant.

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Bouton retour en haut de la page