Santé

Sevrage tabagique : des conseils par téléphone, une stratégie qui fonctionne

Avoir un suivi hebdomadaire par téléphone pour arrêter de fumer, cela peut sembler fastidieux, dérisoire, inutile. En quoi une personne au bout du fil peut-elle m’aider à aller au-delà de mon envie d’allumer une cigarette ?

Et pourtant ça marche, du moins si l’on en croit une nouvelle étude scientifique, publiée ce 12 juillet dans le Journal of the National Cancer Institute (Source 1).

L’étude, qui sera présentée lors du congrès annuel du cancer du poumon à Vienne (Autriche) en août prochain, révèle que des conseils hebdomadaire par téléphone, accompagnés de substituts nicotiniques, a entraîné un taux d’abandon du tabac plus de deux fois supérieur à celui de personnes moins accompagnées dans leur démarche de sevrage. 

Les chercheurs du Georgetown Lombardi Comprehensive Cancer Center (Washington, États-Unis) ont ici recruté 818 personnes âgées de 50 à 80 ans, ayant des antécédents de tabagisme de plus de 20 “paquets-années” (soit fumer deux paquets par jour pendant 10 ans). Inscrits dans huit sites de dépistage de cancer du poumon, les participants ont été répartis au hasard dans deux groupes. L’un bénéficiant de conseils téléphoniques à raison huit séances de 20 minutes, accompagnés de huit semaines de patchs à la nicotine, tandis que l’autre groupe n’avait que trois séances de conseils et deux semaines de patchs nicotiniques.

Au téléphone, des spécialistes du sevrage tabagique ont abordé l’utilisation des patchs, les stratégies de lutte contre l’envie de fumer, la confiance et la motivation des fumeurs etc. “Les spécialistes du traitement du tabac ont rencontré les participants lorsqu’ils étaient prêts à arrêter de fumer – ce qui variait de ‘ne pas être prêts à faire des changements pour le moment, mais disposés à parler du tabagisme’, à ‘être fins prêts à arrêter et vouloir des conseils spécifiques pour apporter des changements à leurs habitudes tabagiques’ ”, précise Randi M. Williams, professeur au Département d’oncologie de Georgetown et deuxième auteur de l’étude, dans un communiqué (Source 2).

Un taux d’abandon presque doublé

Au bout de trois mois, les taux d’abandon du tabac déclarés par les participants étaient plus élevés dans le groupe de suivi intensif que dans le groupe recevant peu de conseils et de soutien (14,3% contre 7,9%). Quant aux taux d’abandon évalués par bandelettes de salive ou tests de monoxyde de carbone, ils ont également montré une différence significative : 9,1% dans le groupe au suivi intensif, contre 3,9% dans l’autre groupe. Le suivi intensif a été plus efficace pour aider à l’arrêt du tabac chez des personnes ayant une forte dépendance nicotinique. 

“Il est très difficile d’arrêter de fumer, et les personnes qui recherchent des médicaments et du soutien réussissent mieux que celles qui essaient d’arrêter par elles-mêmes”, a commenté Kathryn L. Taylor, co-auteure de l’étude, professeure au Département d’oncologie et membre du programme de prévention et de contrôle du cancer du poumon du Lombardi Comprehensive Cancer Center. “Il est important de noter que tenter d’arrêter de fumer tout en subissant un dépistage pulmonaire peut stimuler la motivation à arrêter de fumer”, a-t-elle souligné par ailleurs.

En France, les personnes souhaitant arrêter la cigarette peuvent se faire aider via le le site tabac-info-service.fr, et bénéficier d’un accompagnement téléphonique au 3989. Le dispositif Mois Sans Tabac, qui a lieu en novembre, peut aussi constituer un premier pas vers le sevrage total.

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