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Toujours vierges après 25 ans, elles racontent

Morgane*, 34 ans, sophrologue : « Jusqu’à mes 29 ans, personne ne m’a inspiré du désir »

« À l’école primaire, mes petites camarades de classe avaient toutes un amoureux. En école de commerce, filles et garçons ne parlaient que de sexe. Au cinéma et dans les romans, tout le monde fait l’amour. Alors pourquoi, moi, suis-je restée vierge jusqu’à mes 29 ans ? Honnêtement, je ne me l’explique pas. On m’a toujours dit jolie, j’ai eu une enfance heureuse, mes parents s’aiment et n’ont jamais tenu de discours négatif sur la sexualité. Je crois juste que personne ne m’avait inspiré du désir. J’étais déjà tombée sous le charme d’hommes et de femmes, j’en avais même embrassé quelques-uns, mais je n’avais jamais eu envie de faire l’amour avec eux. À l’époque, je me pensais asexuelle. Ne pas avoir de vie intime ne me manquait pas. En revanche, j’évitais d’aborder le sujet en public. J’avais peur qu’on me prenne en pitié ou qu’on me colle une étiquette de vieille fille. Comme si je n’avais pas vu le loup parce que personne ne s’était jamais intéressé à moi.  Et puis, à l’aube de mes 30 ans, j’ai rencontré Guillaume. J’ai eu immédiatement envie de lui. Il s’est montré tendre, rassurant, il était touché d’être mon premier amant. Guillaume m’a caressée pendant des heures dans des endroits que je ne connaissais pas. J’ai pris un pied incroyable. Il m’a fait découvrir que j’aimais le sexe. Je ne l’ai jamais revu, mais depuis j’ai eu beaucoup d’autres premières fois. Il faut bien que je rattrape le temps perdu ! »

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Chloé, 26 ans, chargée de clientèle : « Je n’aime pas mon corps, alors comment pourrais-je avoir envie de me déshabiller devant un homme ? »

« Je n’aime pas mon corps. Mon ventre, mes cuisses et mes fesses sont couverts de peau d’orange. Ils ne ressemblent pas à ceux des femmes que je vois dans les magazines. Mes seins non plus d’ailleurs. J’ai beau afficher un très honorable 90 D, le gauche est plus gros que le droit. Et ça se voit ! Je sais bien que personne n’est parfait, mais à chaque fois que je me regarde dans un miroir, j’ai envie de pleurer. Devant mon lavabo, je m’arrange d’ailleurs pour me concentrer sur mon visage, et pourtant mes traits, bien qu’ils ne soient pas franchement grossiers, n’ont rien d’exceptionnel.  Alors comment pourrais-je avoir envie de me déshabiller devant un homme ? Des amoureux, j’en ai eu trois, dont un qui a beaucoup compté pour moi, mais à chaque fois que les choses étaient sur le point de se préciser, je me suis débrouillée pour trouver un prétexte afin de rompre. J’étais terrifiée à l’idée qu’ils me voient nue. Cette situation me démoralise. Être vierge à 18 ans, c’est mignon, mais à 26, c’est ridicule. Parfois je me dis que je vais peut-être mourir sans connaître les plaisirs de la chair. »

Pauline, 38 ans, avocate : « Comme dans les contes de fées, je me suis longtemps réservée à l’homme parfait qui m’attendait forcément quelque part »

« À 20 ans, je croyais au grand amour foudroyant et passionné des contes de fées que ma maman m’avait lus lorsque j’étais enfant. J’étais sûre qu’un homme parfait pour moi m’attendait quelque part. Je ne pouvais pas concevoir de me donner à un autre. À 25 ans, je pensais moins au Prince Charmant, mais j’étais totalement surinvestie dans mon travail. Je restais au bureau tard le soir, je rapportais des dossiers à la maison le week-end. Je ne pensais qu’à une chose : faire carrière. À 30 ans ? J’avais le sentiment d’être passée à côté de quelque chose d’essentiel dans ma vie. Je savais qu’il n’était pas trop tard pour sauter le pas, mais j’avais une peur bleue de l’acte sexuel. Je me disais que je ne saurais peut-être pas comment faire le jour où cela arriverait. Quand le manque de plaisir se faisait sentir, je m’étais jusqu’alors toujours masturbée. Je possédais d’ailleurs une collection impressionnante de sextoys. À 31 ans, j’ai trouvé un partenaire pour me débarrasser de ce foutu blocage. Ma première fois n’a été ni catastrophique, ni formidable, mais je me suis sentie tout de suite différente. Plus forte, plus femme. Trois mois plus tard, je rencontrais l’homme de ma vie ».

*Les prénoms ont été modifiés

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