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Bilan de la réforme de l’éducation : Des progrès mais pas assez

07.01.2020 - 16:32

Le Maroc a mieux avancé dans l’accès que la qualité de la scolarisation

L’un des obstacles majeurs a trait à la généralisation du préscolaire. L’offre du préscolaire public reste encore timide. La part des élèves de l’enseignement préscolaire public est en dessous de 13% (12,8% en 2018).

Le Maroc s’est engagé dans un vaste chantier de réformes du système éducatif. L’année 2019 est celle du bilan de la réforme de l’éducation. En début d’année, le bilan d’étape ainsi que les principales perspectives de la réforme de l’éducation nationale avaient été présenté par le ministre de l’éducation nationale, Saaïd Amzazi, lors de la 15è session du Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique (CSEFRS) qui s’était tenue le 14 janvier 2019. Le ministre avait alors présenté les réalisations ainsi que les principales perspectives que son département compte concrétiser, notamment à l’horizon 2025 dans le cadre du nouveau programme déployé par le ministère.

Quelques mois plus tard, Sa Majesté le Roi Mohammed VI s’était enquis du bilan de la réforme lors du lancement officiel de l’année pédagogique 2019-2020. Des progrès importants ont été réalisés dans le cadre du programme de généralisation de l’enseignement préscolaire. La moyenne nationale des enfants ayant intégré l’enseignement préscolaire au titre de l’année 2018-2019 s’est établie à 55,8%. Selon le ministre, 100.672 enfants supplémentaires ont été scolarisés et il a aussi été procédé à la création de 5.833 nouvelles classes. Ce taux devra atteindre les 67% en 2021. L’objectif étant la généralisation du préscolaire pour les enfants âgés de 4 et 5 ans à l’horizon 2027 et l’intégration de la catégorie des enfants de 3 ans à partir de l’année 2028. Quant au programme Tayssir depuis son lancement en 2008, il a connu un développement important. Au titre de l’année scolaire 2018-2019, il a bénéficié à 1.800.000 élèves contre 706.359 au titre de l’année 2017-2018. La mise en œuvre de ces programmes sociaux contribuera à améliorer le niveau de scolarisation des élèves bénéficiaires et à réduire le taux de déperdition scolaire.

Les objectifs de la vision stratégique de la réforme ne seront pas atteints en 2030

En dépit de ces progrès, le Conseil supérieur de l’éducation avait estimé dans un rapport publié en octobre dernier qu’au vu du rythme actuel du développement de l’éducation, le Maroc n’atteindra pas les objectifs de la vision stratégique de la réforme en 2030. Cette évaluation de la vision stratégique a été menée à travers «l’Indice national de développement de l’éducation» (INDE) conçu par l’Instance nationale d’évaluation. Cet indice composite qui compile au total 157 indicateurs permet non seulement de dresser l’état de la situation de l’éducation et de son évolution mais également d’identifier les sources de force et de faiblesse de l’éducation au Maroc. A noter que par rapport à l’année 2015, l’INDE a augmenté de 2,3 points. Même sous l’hypothèse d’une progression linéaire de 2,5 points tous les trois ans, le Maroc atteindra une valeur de seulement 63,5% en 2030, ce qui ne correspond même pas aux deux tiers des objectifs stratégiques de la vision.

L’un des obstacles majeurs a trait à la généralisation du préscolaire. L’offre du préscolaire public reste encore timide. La part des élèves de l’enseignement préscolaire public est en dessous de 13% (12,8% en 2018). Il faut aussi relever que l’abandon scolaire continue de priver des milliers d’enfants de leur droit à l’éducation de base. Enfin, des efforts restent encore à fournir au niveau de la répartition territoriale de l’offre d’enseignement et de son extension au niveau post-obligatoire. Les différentes données ont montré que le Maroc a mieux avancé dans l’accès et la généralisation de la scolarisation que dans le renforcement de la qualité de l’éducation et la promotion de l’individu et de la société. Selon les auteurs du rapport, la source de déficit dans le développement de l’éducation provient essentiellement de la qualité de l’éducation et principalement de la sous-dimension des acquis scolaires des élèves qui peine depuis longtemps à rattraper le retard du pays en la matière. Pour remédier à cette situation, l’accent doit se focaliser davantage sur le rehaussement de la qualité des acquis scolaires, l’intégration des technologies numériques dans les écoles et l’amélioration du rendement interne.

Formation professionnelle : Etat d’avancement des Cités des métiers et des compétences

La nouvelle stratégie de la formation professionnelle repose sur la création de 12 Cités des métiers et des compétences dont une Cité dans chaque région du Royaume.

Ces futurs espaces privilégieront la formation en milieu professionnel par le biais de l’alternance et l’apprentissage, la maîtrise des langues, l’approche par compétences et les soft skills (compétences non techniques). La directrice générale de l’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT), Loubna Tricha, avait présenté en septembre dernier un exposé devant le Souverain sur l’état d’avancement du programme des Cités des métiers et des compétences (CMC). La DG de l’OFPPT avait fait savoir que la prospection du foncier a été entamée dès la validation de la nouvelle feuille de route. Les 12 Cités de métiers seront délivrées en 3 lots entre la rentrée 2021 et la rentrée 2023.

Les 3 régions Souss-Massa, Lâayoune-Sakia El Hamra et l’Oriental verront ouvrir leurs cités à partir de la rentrée 2021, a-t-elle indiqué, notant que le régime de croisière sera atteint en 2022 avec le démarrage de 5 nouvelles cités au niveau de Rabat-Salé-Kénitra, Tanger-Tétouan-Al Hoceima, Beni Mellal-Khénifra, Drâa-Tafilalet et Guelmim-Oued Noun.

La rentrée 2023 sera marquée par l’achèvement de la réalisation du programme, avec l’ouverture des cités de Casablanca-Settat, Fès-Meknès, Marrakech-Safi et Dakhla-Oued Eddahab.

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