Anass Aït El Abdi, des ruelles de Marrakech aux tournois mondiaux de cyclisme 

Anass Aït El Abdia ne savait pas que sa passion pour le cyclisme l’amènera à participer aux plus grandes compétitions cyclistes internationales. Enfant, vivant dans le quartier Mahamid de Marrakech, il était obsédé par les vélos. Aujourd’hui âgé de 30 ans et installé aux Emirats Arabes Unis, il est né dans la ville de Casablanca mais a grandi à Marrakech. Le destin a voulu qu’il ne termine pas ses études, puisqu’il quitte les banc du collège. A cette époque, ses amis adoraient faire du vélo, et c’est de ce réseau amical que naitra sa passion pour le cyclisme.

À l’âge de 13 ans, il décide de chercher un club spécialisé dans le cyclisme, afin de lui permettre de participer à des compétitions nationales. Il tombe alors sur un club qui n’acceptait que les adolescents de plus de 16 ans. Cela ne l’a cependant pas dissuadé, il s’est contenté de mettre son projet en attente jusqu’à ce qu’il atteigne l’âge requis. Il finit donc par rejoindre le club.

En 2009, il participe au premier championnat national organisé à Ouarzazate et termine à la deuxième place. La même année, il prend part à un championnat organisé dans la ville d’Ifrane, qu’il remporte. Ce succès l’a amené à réfléchir à développer ses capacités et à passer au monde professionnel dans ce sport, qui nécessite une grande forme physique.

Des distinctions lors de tournois nationaux et internationaux 

En 2011, son adhésion à l’Ittihad sportif de Casablanca marque un tournant dans sa carrière sportive, car elle lui permet de mettre en valeur son talent et d’inscrire son nom sur la scène nationale. «Le club m’a fourni toutes les conditions nécessaires et j’ai pu gagner avec lui 25 compétitions nationales, dont la Coupe du trône», confie Anass Aït El Abdia à Yabiladi. 

En 2012, il a été convoqué par l’équipe nationale de cyclisme. Il participe alors au Championnat arabe qui a été organisé à Marrakech, la même année, et termine troisième.

«Immédiatement après ce tournoi, j’ai participé avec l’équipe nationale des moins de 23 ans au Championnat du monde, organisé aux Pays-Bas, et me suis classé 78ème sur 180 concurrents, à 30 secondes du vainqueur du tournoi.»

Anass Aït El Abdia

Son succès a même poussé l’Union Cycliste Internationale en Suisse à l’inviter à la rejoindre, ce qui lui a permis de participer à plusieurs compétitions en Europe, en plus des courses internationales pendant 3 ans. En 2016, il participe aux Jeux olympiques organisés au Brésil et se classe 47ème sur plus de 150 coureurs. La même année, il s’est classé 22ème aux Championnats du monde organisés au Qatar.

En 2017, il a rejoint le club UAE Team Emirates puis l’équipe UAE VIB sports deux ans plus tard, avant d’atterrir en 2021 à l’Académie de Bahreïn. En 2022, il retourne aux Emirats en rejoignant Al Shafar Jumeirah Cycling Team. L’athlète marocain fait actuellement partie du Abu Dhabi Club.

Un divorce annoncé avec la Fédération royale marocaine de cyclisme

Lors de la deuxième étape du Tour d’Espagne en 2017, Anass Aït El Abdia fait une chute, qui entraîne une fracture au niveau de l’épaule, ce qui l’a soumis à une intervention chirurgicale. Avant cet accident, il avait subi une autre fracture au niveau de l’épaule. «Nous étions à deux mois du Tour d’Espagne, mais j’ai résisté et me suis entraîné pour y participer. Toutefois, le rêve ne s’est pas réalisé à cause de la blessure», regrette-t-il.

Cet incident a cependant marqué un tournant dans sa carrière professionnelle. «Sans cette blessure, j’aurais atteint des stades plus avancés. Cela m’a fait perdre l’enthousiasme que je ressentais et m’a fait peur», nous confie-t-il.

«En 2018, je n’ai pas participé à l’un des tours, en raison d’un problème de santé, ce qui a provoqué la colère de la Fédération internationale qui n’a pas voulu renouveler mon contrat, en guise de punition.»

Anass Aït El Abdia

Le Tour du Cameroun en 2022 était la dernière compétition à laquelle il a participé sous le maillot de l’équipe nationale, après avoir porté les couleurs du Maroc lors des Jeux méditerranéens et des Jeux Olympiques. 

«Je ne veux plus répondre à l’appel de la Fédération royale marocaine de cyclisme à cause de la mauvaise gestion et de la méconnaissance de ce sport par les responsables. J’ai abordé un ensemble de sujets, ce qui m’a exposé à des problèmes, et donc je suis exclu des compétitions. Ma participation à des compétitions avec la Fédération m’épuise psychologiquement. J’ai donc décidé de rester à l’écart», conclut-il.


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