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Comment lutter efficacement contre ce fléau du football marocain?

Les émeutes des supporters de football ont de nouveau frappé durement ce week-end lors du match phare de la Botola entre le Wydad de Casablanca et le Raja Casablanca. Un phénomène qui ne cesse de s’accentuer alors que les pouvoirs publics peinent à endiguer cette tendance.

Le hooliganisme continue de faire des dégâts au Maroc. Ce week-end, le derby casablancais entre le Wydad et le Raja a été entaché par des batailles rangées entre supporters rivaux aux abords du Complexe Mohammed V. Résultats, quarante-six personnes, dont six mineurs, ont été arrêtées. Elles sont soupçonnées d’être impliqués dans des actes de violence liés à des émeutes sportives, à l’ivresse publique, au vol et à la violence contre des agents publics pendant l’exercice de leurs fonctions et à la destruction de biens appartenant à autrui.

Une semaine plus tôt, ce sont 32 individus, dont 15 mineurs, qui ont été interpellés avant et après la rencontre entre le WAC et les Nigérians de Rivers United en Ligue des champions de la CAF.

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Ces scènes-là sont devenues une habitude autour des rencontres des équipes marocaines de football. Mais quelles sont les raisons de ce triste phénomène et quelles sont les pistes vers lesquelles pourraient se diriger les pouvoirs publics pour stopper ce fléau ?

Contacté par Hespress Fr, Rachid Loustik, professeur à l’Institut Moulay Rachid pour la formation des entraîneurs nationaux, a souligné que ce phénomène ne cesse de croître au Maroc. Il résulte d’un ensemble de causes internes et externes, ce qui nécessite l’adoption d’une démarche participative entre tous intervenant pour y faire face.

En ce qui concerne les causes internes de la violence, Loustik a déclaré que les déclarations inappropriées des présidents de club, des entraîneurs et des joueurs, avant les matchs, peuvent également entraîner des violences publiques, car ils utilisent parfois des mots qui impliquent la violence, ou sont inappropriés pour le contexte dans lequel le match aura lieu.

Il a ajouté que toutes les composantes du jeu de football ont une responsabilité dans le déclenchement d’émeutes que ce soit dans les stades ou en dehors.

L’expert sportif s’est arrêté au problème de la mauvaise communication dans les clubs de football marocains, estimant que les dirigeants d’équipe ont parfois du mal à communiquer avec le public.

Lorsque l’équipe souffre d’une crise financière, par exemple, ils n’informent pas le public à ce sujet, et puis le problème devient interne entraînant d’autres problèmes, comme la grève des joueurs à l’entraînement, qui se reflète dans les performances et les résultats de l’équipe, qui ne satisfait pas le public, qui exprime donc son rejet avec violence, sans en connaître la raison principale pour la baisse des performances de son équipe.

Hooliganisme et réseaux sociaux

En ce qui concerne les causes externes des émeutes, l’expert a considéré que les réseaux sociaux jouent un rôle important dans la conduite du public à la violence, à travers les querelles qui ont lieu sur ces sites entre les supporters des équipes en compétition, que ce soit par la diffusion de propos ou d’images et dessins satiriques.

Le même intervenant a souligné qu’il existe d’autres facteurs externes, tels que la situation sociale difficile qui rend une personne prédisposée à la violence, au dépérissement scolaire ou à l’échec au travail, en plus des problèmes psychologiques qui font que certains groupes de la population « se sentent à l’aise en cas d’émeute ».

Une autre raison qui conduit aux émeutes dans les stades est liée à l’organisation des matchs, car il existe certains stades de football situés au cœur des villes et au milieu des quartiers peuplés, ce qui rend difficile la tâche d’étouffer les émeutes lorsqu’elles éclatent, notant que cette situation fait que les émeutes se déplacent de l’intérieur du stade vers l’extérieur, et exposent ensuite les biens des gens au vandalisme.

Une menace pour la sécurité

Le professeur de l’Institut Moulay Rachid pour la formation des cadres a averti que les violences, dont la fréquence augmente dans les stades marocains, non seulement constituent une menace pour la sécurité, mais ont également un impact négatif sur les différentes composantes du jeu de football, y compris la réticence des supporters à assister aux matchs par crainte d’actes de violence.

Afin d’endiguer ce phénomène de plus en plus exacerbé, Rachid Loustik a insisté sur la nécessité d’adopter une approche impliquant tous les acteurs, appelant à la mise à jour de la loi relative à la lutte contre la violence dans les stades, qu’il juge incomplète, car ne comportant aucune disposition sur la punition des mineurs.

Parmi les recommandations qu’il a faites, sur la base de ses recherches, figurait une certaine attention à l’aspect sécuritaire à l’intérieur des stades, en modernisant leurs structures.

Le même porte-parole a prévenu que les policiers en uniforme ne devraient pas se trouver à l’intérieur du stade, appelant à l’adoption du système en vigueur en Europe, où des policiers en uniforme se chargent d’inspecter le public dans le stade.

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