L’Indien Ranveer Singh enflamme l’ouverture

Le 19ème Festival international du film de Marrakech (FIFM), qui se poursuit, sous le Haut patronage de SM le Roi Mohammed VI, jusqu’au 19 novembre, attire toujours des stars indiennes. Pour son retour en force après la pandémie de la Covid-19, cet événement, initié par la Fondation du FIFM et marqué par un dîner royal présidé samedi par SAR le Prince Moulay Rachid, invite l’acteur, tout dynamique, Ranveer Singh, qui l’enflamme non seulement le jour de l’ouverture, vendredi, mais aussi le lendemain.

Un artiste qui va vers le public
Dès son arrivée samedi au palais des congrès, cette star fait le choix de se déplacer vers le public lui voue une grande admiration de par ses prestations à succès dans les œuvres bollywodiennes. Avant de poser face au zoom des photographes sur le tapis rouge, il gratifie les fans de salutations et de selfies, ainsi que de chorégraphies. Après quoi, il se dirige tout droit vers Mélita Toscan du Plantier, conseillère de SAR le Prince Moulay Rachid, Président de la Fondation du FIFM, pour la saluer chaleureusement. Et il y a de quoi puisque le vibrant hommage qu’elle lui rend vendredi dernier est, au sens de cet artiste, «mémorable». La même soirée, c’est le film d’animation «Pinocchio» de son réalisateur mexicain Guillermo Del Toro qui ouvre le bal avant de donner libre cours, outre un grand hommage à l’Américain James Gray, aux films de la compétition officielle qui seront départagés par le jury présidé par le réalisateur Paolo Sorrentino.

Un film turc, premier en compétition
C’est le directeur artistique du festival, Rémi Bonhomme, qui fait une montée sur scène le deuxième jour de cet événement à cet effet. Ainsi, «Snow and the bear», de sa réalisatrice turque Selcen Ergun, est le premier film de la compétition qui, pour lui, reflète la programmation du FIFM qui se veut de «découvrir des réalisateurs avec une nouvelle vision du monde et une empreinte cinématographique distinguée en écriture». «Son premier film nous plonge dans des univers ambigus d’une petite ville turque où il semble que les vies de femmes sont guettées minutieusement par les hommes», enchaîne-t-il à propos de la cinéaste. A ses yeux, elle dénonce avec suspense la dureté de la société patriarcale. A son sens, elle est aussi l’un des talents montants les plus distingués dans le cinéma turc. De son côté, la réalisatrice, qui éprouve du plaisir à être au festival, ne manque pas de devoir à l’événement une fière chandelle «pour cette belle opportunité». «Ce film raconte ce que je vis. J’ai souffert en tant que femme vivant dans la société turque et dans le monde», détaille-t-elle. De plus, l’artiste révèle exprimer à travers le film des sentiments ressentis dans un petit village froid en Turquie. «Nous avons terminé le tournage une semaine avant le début de la Covid. Durant la pandémie nous avons terminé la production, mais nous n’étions pas sûrs de le sortir pour le public», avance-t-elle tout en ajoutant être reconnaissante et fière que ce soit le premier film de la compétition. «C’est une histoire touchante pas comme les autres belles histoires qui ont un happy end», avance-t-elle en prélude à sa projection et directement après la conférence du jury.

Paolo Sorrentino veut de «beaux films avec de nouvelles idées»
Lors d’une rencontre avec la presse, le jury de cette édition met en avant sa démarche pour départager les longs-métrages participants. A cette occasion, le président, M. Sorrentino, qui se qualifie également de membre du jury, indique espérer «trouver de beaux films avec de nouvelles idées». A propos du traitement de sujets d’actualité en films, il estime que «c’est mieux quand ils sont abordés après ce qui arrive». Quant à l’industrie cinématographique dans l’ère Covid, il indique : «La pandémie nous a amené à comprendre la réalité». Cependant, la cinéaste libanaise Nadine Labaki donne un autre angle. «En tant que réalisateurs nous sommes responsables quand on parle de sujets et des souffrances des humains. L’art humanise certains sujets que les gens ignorent. Et il y a une transition», argumente-t-elle. A son sens, il peut y avoir une paralysie sans savoir quoi dire en temps difficile ou de conflits. « C’est important de commencer à parler de cette paralysie en tant qu’artistes et nous avons à être politiquement corrects», enchaîne-t-elle. A son tour, l’actrice britannique Vanessa Kirby aspire, à travers cette sélection de films à «comprendre les expériences humaines».
«Je suis à la recherche d’expérience collective», révèle, de son côté, l’actrice allemande Diane Kruger. Quant à l’acteur franco-algérien, Tahar Rahim, sa participation au jury se veut de «ressentir les films en les regardant». Pour sa part, la réalisatrice marocaine Leila Merrakchi estime qu’il est «important de faire de bons films». «C’est comme ca qu’on va ramener les gens aux salles de cinéma», conclut-elle. Judicieux.

«En tant que réalisateurs nous sommes responsables quand on parle de sujets et des souffrances des humains. L’art humanise certains sujets que les gens ignorent. Et il y a une transition».


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