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Pénurie de pain en Tunisie : les enseignements d’une crise alimentaire

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Un matin, vous vous dirigez, à la boulangerie pour acheter du pain, mais à votre grande surprise, vous n’en trouvez pas ! Ce n’est pas le scénario d’un conte, mais bien la réalité amère en Tunisie, se désole Ali Hatimy, étudiant marocain à AgroParisTech et Sciences Po Paris. Voici son point de vue.

Selon ce jeune féru d’agriculture, en même temps fils d’agriculteur marocain, trois facteurs alimentent ce cauchemar : une gouvernance chaotique, des politiques agricoles orientées vers l’exportation et une sécheresse exceptionnelle.

Comme d’autres pays d’Afrique du Nord, exception faite du Maroc, la Tunisie subventionne le pain pour garantir la sécurité alimentaire et la stabilité sociale et politique. La baguette subventionnée ne coûte que 0,06 euros, soit un centième du salaire minimum quotidien. Cependant, cet accès vital au pain a été menacé par des décisions politiques abruptes et dangereuses. L’État a privé de farine subventionnée toutes les boulangeries « modernes », qui représentent un tiers des établissements du pays.

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Ces décisions ne sont que la surface d’une crise plus profonde : les subventions sont coûteuses et la Tunisie manque cruellement de blé. En effet, 85% des céréales consommées sont importées, une conséquence des politiques agricoles axées sur l’exportation au détriment des cultures essentielles à la sécurité alimentaire, analyse Hatimy.

Cette dépendance aux importations expose la population aux caprices des marchés mondiaux, comme en témoigne l’instabilité suite au début de la guerre en Ukraine, explique-t-il. Et d’ajouter que le changement climatique aggrave la situation. En 2023, la Tunisie a subi une sécheresse exceptionnelle qui a réduit de 7 fois la production locale de céréales. La dépendance aux importations est ainsi passée de 85 à 95% cette année-là.

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Deux leçons sont à retenir de cet exemple tunisien. Tout d’abord, sacrifier la souveraineté alimentaire au nom de la mondialisation comporte des risques considérables. Ensuite, il est impératif de préparer l’agriculture aux conséquences du changement climatique.


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