Santé

Comment entretenir la flemme, cette émotion qui peut nous faire tant de bien ?

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Demandez autour de vous. Dans les obsessions de l’été, il y a ceux qui, pas vraiment essorés par des journées de télétravail à outrance ou des semaines de 35 heures + vie quotidienne, sont dans les starting blocks pour multiplier les expériences, les activités. Et puis il y a cette autre catégorie qui ne rêve que d’une chose : fixer un point au plafond. Il n’aura fallu que quelques décennies pour que la technologie transforme l’ennui, sentiment autrefois angoissant, en aspiration salutaire. Devenu une niche de l’édition et du développement personnel, l’ennui est aujourd’hui interrogé à l’aune de l’époque, celle où chaque nanoseconde de vie peut être comblée par un scroll.

Posture philosophique

Avant de devenir un objet clinique, l’ennui a d’abord été disséqué par la philosophie. Et son histoire, celle d’un sentiment né avec la sédentarisation humaine, a surtout à voir avec une représentation culturelle et moderne du temps, du travail et des loisirs.  Après avoir distillé des conseils de paresse estivale dans sa chronique « Un été à ne rien faire », sur Radio Nova, le journaliste Thomas Baumgartner* livre dans un guide les bonnes pratiques visant à se débarrasser de cette glorification de l’activité. « Il y a des périodes, encore très récentes, pendant lesquelles on pouvait encore se revendiquer comme un décroissant de l’activité, note-t-il. L’écrivain Denis Grozdanovitch** considère d’ailleurs que cette maîtrise du temps est la vraie richesse. Mais encore faut-il qu’elle soit accessible à tous, sans privilège de classe. »

LES VERTUS du spleen

Dans une époque hyperconnectée, les nouvelles injonctions du développement personnel visent à « décrocher » et à « déconnecter » ou à « faire le vide ». Pour y arriver : se lancer dans la méditation, le yoga, tenter le breathwork. Cet été, on délaisse la recherche de stimulation, pour se plonger dans un spleen créatif sans médiation guidée ni son du gong. Marcher sans but, s’allonger sans rien dans les mains, et apprécier le temps long.

LACHEZ VOS ENFANTS

Activités extrascolaires, jeux d’éveil : la parentalité moderne a tendance à stigmatiser l’ennui des enfants. Pourtant, depuis plusieurs années, les neurosciences ont montré combien l’ennui est une émotion précieuse que les enfants doivent apprendre à comprendre. Un mal salutaire, permettant au cerveau de « métaboliser » les moments passés, pour nous préparer à la suite de la journée mais aussi à un sommeil plus calme. La meilleure activité à leur faire découvrir cet été ? Le niksen, un concept venu des Pays- Bas, qui prône le droit d’être, sans but.

* Auteur de « Ne rien faire, une méthode approximative & contradictoire pour devenir paresseux sans trop se donner de mal » (éd. Kero).

** Auteur de « L’Art difficile de ne presque rien faire » (éd. Folio).

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