Santé

Quelles sont les blessures les plus fréquentes au rugby ?

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Epidémiologie des blessures de rugby

Le rugby est un sport pivot contact, tout comme le foot, le basket, le handball et les sports de combats. « C’est un sport de ballon, que l’on peut assimiler à un sport de combat collectif et c’est surtout un sport de collisions » résume le Dr Miniot. Or, les principales causes de blessure au rugby à XV sont les impacts.
« A haut niveau, on a une estimation des collisions entre les joueurs grâce à des GPS placés dans le dos entre les omoplates. Les impacts peuvent atteindre des forces 20 G entre les joueurs, ce qui est énorme » détaille le médecin du sport. Pour comparaison, un choc de 35 G correspond à la collision d’une voiture accidentée roulant à 65 km/h !

De nombreuses enquêtes épidémiologique ont été faites sur l’incidence des blessures au rugby.

Les études épidémiologiques montrent 2 choses : la fréquence et la gravité des blessures varient énormément selon le niveau de jeu, le poste auquel on évolue, et le sexe du joueur. Dr Miniot. 

Le risque de se blesser en professionnel est ainsi 40 fois supérieur à celui d’un enfant en école de rugby, et les joueurs de mêlées (première, deuxième et troisième ligne) sont plus exposés aux risques de blessures que les trois-quarts. 
Enfin, et comme on peut s’y attendre, la fréquence et la sévérité des blessures traumatiques dans la pratique féminine du rugby sont nettement plus faibles que celles de la pratique masculine. Cela peut s’expliquer par le fait que le jeu féminin soit beaucoup plus axé sur les courses dans les intervalles et sur le jeu d’évitement que sur la confrontation directe.

La gravité d’une blessure s’évalue entre autre, par la durée d’indisponibilité du joueur qu’elle va entraîner. « Une blessure comme luxation d’épaule opérée entraîne 4 à 5 mois d’indisponibilité du joueur, ce qui fait d’elle une blessure sérieuse » souligne le médecin. 

En rugby professionnel chez les hommes, il y a 200 semaines d’arrêts par an, soit 5 semaines par joueur en moyenne. 

Les blessures les plus fréquentes du rugbyman

Dans le rugby professionnel, l’incidence des blessures s’élève de 30 à 91, voire même 120, pour 1000  heures de match selon les études épidémiologiques. Le membre inférieur est le site le plus fréquemment atteint en match (30 à 55 % des blessures), suivi de la tête et du rachis cervical (14 à 30 %), puis du membre supérieur (15 à 20 %) et enfin du tronc (10 à 14 %) (1).
Les contacts (plaquage) et les mêlées sont responsables de 90% des blessures. 

Les blessures du genou et des ligaments croisés

Le genou est particulièrement exposé au rugby, et est donc le siège de nombreuses blessures.
Les blessures au genou sont variées et vont des lésions méniscales, aux lésions ligamentaires, en passant par les fractures, voire à l’association des 3.
 

La rupture du ligament croisé antérieur est fréquente, et est une obsession des joueurs car elle doit être toujours opérée à haut niveau, et qu’elle entraine une indisponibilité de 9 mois en moyenne mais qui peut aller jusqu’à 2 ans. Dr Miniot.

La rupture du ligament croisé peut être isolée, ou associée à d’autres lésions : entorse ou rupture des ligaments latéraux, lésions méniscales, entorse ou rupture du ligaments croisés postérieurs ou encore fracture des plateaux tibiaux. 

Les blessures du genou peuvent aussi être moins graves, à l’image d’une entorse simple du ligament latéral interne, entraînant 3 semaines à 3 mois d’indisponibilité « seulement ». 

Les blessures des cervicales

Les blessures du rachis cervical en rugby sont fréquentes et redoutées. Elles ont lieu principalement lors des mêlées (entrée en mêlée, mêlée ouverte ou chute en mêlée) et des plaquages, 
Il s’agit généralement de contusion, d’entorses bénignes ou de dégénérescence arthrosiques due à des traumatismes répétés pouvant aller jusqu’à la myelopathie cervicarthrosique.
« Les entorses graves avec atteinte médullaire sont heureusement rares. Elles peuvent occasionner une tétraplégie transitoire, et exceptionnellement une tétraplégie définitive. Il y a en moyenne un à deux blessé médullaire par an au maximum » indique le Dr Miniot. 
Mais ces chiffres ont considérablement baissé cette dernière décennie grâce à une adaptation des règles par la fédération française de rugby afin de diminuer le nombre d’accidents. 
Le principal changement concerne la distance avant l’entrée des joueurs en mêlée, qui était auparavant approximative, mais assez élevée. À partir de 2007, afin de réduire la distance entre les deux premières lignes, les joueurs sont obligés de toucher l’épaule de leur vis-à-vis avant d’entrer en mêlée. Depuis peu, l’entrée en mêlée se fait en se plaçant, ce qui interdit les entrées « tête contre tête » violentes du passé. Les joueurs sont obligés de pousser dans l’axe et de conserver son tronc parallèle au sol afin de limiter les risques d’effondrements.

Les blessures des épaules

Les blessures aux épaules représentent 9 à 11% des lésions du joueur de rugby et 65% des lésions du membre supérieur.

Les deux plus fréquentes sont : 

  • L’entorse acromio-claviculaire : qui se produit lors d’une choc direct sur l’épaule ou d’un traumatisme indirect avec chute sur le bras en extension. « Il existe 4 stades de gravité différente : les deux premiers pouvant être traités médicalement, et les deux seconds faisant discuter un traitement chirurgical » indique le médecin du sport,
  • La luxation de l’épaule : qui est un vrai problème chez le joueur professionnel, car elle doit être quasi-systématiquement opérée, sans quoi la récidive survient dans plus de 2/3 des cas. La blessure implique 4 à 5 mois d’indisponibilité en compétition.
    Les luxations de l’épaule sont 5 fois plus importantes chez le rugbyman que dans la population générale.

Le joueur de rugby est également sujet à lafracture de la clavicule, généralement consécutive à une chute sur l’épaule.

Les blessures de la tête et de la face

En rugby, le visage n’est pas protégé, et est donc très exposé aux chocs et blessures.

On voit de tout : des plaies du visage, ouvertures de l’arcade sourcillière, des lésions dentaires (luxation, énucléation, fractures …), des luxations de la mâchoire, des atteintes de la cornée, des fractures du plancher de l’orbite etc.Dr Miniot. 

Ce sont sensiblement les mêmes blessures que l’on peut retrouver suite à une rixe ou à un accident de voiture.

Les blessures de la cheville et du pied

Lors des pics de vitesse ou des changements brutaux de direction, ou en cas de plaquage, les chevilles peuvent être touchées. Les lésions les plus courantes sont alors : 

– Les fractures de la malléole externe ou interne, ou les fractures bi-malléolaires,
– Les entorsesprovoquées par une inversion forcée du pied,
– Les lésions de la syndesmose tibio-fibulaire, à savoir l’articulation inférieure entre le tibia et la fibula.

En fonction du degré de gravité, ces blessures peuvent nécessiter un acte chirurgical et susciter une indisponibilité plus ou moins importante du joueur.

Les fractures et les ruptures du tendon d’Achille sont quant à elles plus rares au rugby.

La commotion cérébrale : potentiellement très grave

La commotion cérébrale est un mot qui fait peur dans le monde du rugby, car elle peut entraîner des séquelles neurologiques plus ou moins invalidantes et sérieuses. 
Relativement fréquentes dans le milieu professionnel, une étude épidémiologique de 2018 a ainsi évalué son incidence à une commotion par équipe tous les trois matchs. 
Pour limiter les récidives et les graves séquelles, un protocole stricte à été mis en place : lors de la première commotion, le joueur est arrêté pendant 3 semaines. S’il est victime d’une deuxième commotion dans la même année, l’arrêt est porté à 3 mois, et en cas de 3è commotion, c’est un an d’arrêt qui est imposé. 

Prévention : Comment ne pas se blesser au rugby ?

Une prévention efficace des blessures passe par :

  •  En amont, une recherche de contre-indications à la pratique de ce sport et en particulier d’anomalies congénitales ou acquises du rachis cervical,
  • Avant chaque pratique : un échauffement rigoureusement effectué. 
  • L’entretien régulier de la masse musculaire, notamment au niveau des trapèzes et du haut du dos afin de contribuer à garder les articulations à leur place.
  • Le port de protections rembourrées pour la tête (casque) et les épaules, et bien sûr d’un protège-dents,

Certains protocoles d’exercices variés existent sur le haut niveau – particulièrement étudiés dans le football et le rugby – sont censés diminuer l’incidence des blessures.  « Malheureusement, ces protocoles ne permettent pas d’observer de diminution de l’incidence des blessures du ligament croisé, de l’entorse de cheville et de lésions musculaire » indique le Dr Miniot. 

Dans le cas du rugby plus encore que dans les autres pratiques sportives, le respect des règles et de l’autre est primordial pour éviter les accidents.

Quel est le sport où il y a le plus de blessure ?

Le sport le plus dangereux en compétition est le hockey, avec un avec un risque de blessures augmenté pendant les matchs à 136/1 000 heures de pratique.
Puis, les sports les plus pourvoyeurs de blessures graves et les plus meurtriers sont : l’alpinisme, la plongée sous-marine, l’équitation et les sports motorisés, en particulier le motocross. 

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