Antihistaminiques H1 : liste, indications, effets secondaires

Pollens, acariens, phanères d’animaux, aliments… Au contact de certains allergènes, il arrive que notre système immunitaire s’emballe : il se met à produire une quantité anormalement élevée d’anticorps lgE avant de libérer de l’histamine, laquelle est chargée d’expulser les allergènes du corps et provoque une ribambelle de symptômes : éternuements, larmoiements, toux, démangeaisons, etc.

Heureusement pour les personnes concernées, il existe des médicaments spécifiques, dits antihistaminiques, capables d’empêcher — ou au moins de limiter — les effets de l’histamine. Comment fonctionnent-ils ? Peut-on se les procurer en vente libre ? Quels sont leurs effets secondaires ? Réponses du Dr Jean-Marie Nguyen, médecin allergologue à l’hôpital Bicêtre et membre de l’association Asthme et Allergies.

Définition : qu’est-ce qu’un antihistaminique H1 ?

Comme indiqué ci-dessus, les médicaments antihistaminiques permettent de contrer l’action de l’histamine. Ils sont donc utilisés depuis près d’une cinquantaine d’années pour lutter contre les symptômes allergiques. Concrètement, les antihistaminiques H1 bloquent les récepteurs de l’histamine, ce qui empêche ladite histamine de se fixer sur ces récepteurs et de déclencher les symptômes allergiques.

Ils n’agissent donc pas sur la cause de l’allergie, mais ils peuvent avoir un effet préventif (lorsqu’ils sont pris en amont d’une exposition à un allergène) ou curatif (ils peuvent atténuer les symptômes une fois que ceux-ci se sont déclenchés).

Bon à savoir : en cas d’allergie sévère, ils se révèlent parfois inefficaces et doivent être remplacés par d’autres médicaments plus adaptés, souligne le Dr Nguyen.

Quelle différence avec les antihistaminiques H2 ?

« Les antihistaminiques H2 ne sont pas utilisés pour traiter les allergies. Ils sont généralement recommandés dans la prise en charge de problèmes gastriques, pour réduire la sécrétion d’acide gastrique dans le cadre d’un RGO, par exemple », répond l’allergologue.

Comprimés, collyres, sirop, solutions nasales… Les antihistaminiques H1 sont disponibles sous plusieurs formes

Les antihistaminiques H1 peuvent être prescrits aux adultes, comme aux enfants. Ils sont généralement proposés sous forme de médicaments à prendre par voie orale (comprimés, gélules, sirops), mais ils peuvent aussi être utilisés localement sous forme :

  • de collyres (azélastine, lévocabastine, émédastine et olapatadine) ;
  • de solutions nasales (azélastine) ;
  • de crèmes ou de gels (prométhazine, diphénhydramine).

Indications : quel type d’antihistaminique pour quelle allergie ?

Les antihistaminiques H1 peuvent être indiqués dans la prise en charge de crises spontanées ou de pathologie persistantes comme une rhinite allergique (rhume des foins), d’une conjonctivite allergique, d’une urticaire ou d’un eczéma. Dans tous les cas, ils permettront de contrôler les symptômes délétères et les patient(e)s retrouveront plus rapidement leur confort.

« Au bout d’un certain temps, il est possible qu’une molécule devienne moins efficace sur certain(e)s patient(e)s. On parle d’effet d’échappement, explique le Dr Nguyen. Dans ce cas, mieux vaut tester une nouvelle molécule qui pourra s’avérer plus efficace ».

Par ailleurs, en cas d’asthme allergique, de choc anaphylactique ou d’œdème, ces médicaments ne sont malheureusement pas suffisants pour venir à bout des symptômes.

Première ou deuxième génération : quels sont les antihistaminiques les plus efficaces (liste) ?

Les antihistaminiques H1 peuvent être classés en deux groupes : les antihistaminiques de première génération et les antihistaminiques de deuxième génération.

  • Les antihistaminiques de première génération, aussi dits anticholinergiques, sont plus anciens, peu spécifiques des récepteurs de l’histamine et souvent plus sédatifs. Parmi les plus connus : l’alimémazine (Théralène®), la bromphéniramine (Dimégan®), la cyproheptadine (Périactine®), la dexchlorphéniramine (Polaramine®), la doxylamine (Donormyl®), l’hydroxyzine (Atarax®), la kétotifène (Zaditen®), la méquitazine (Primalan®), l’oxomémazine (Toplexil®) et la prométhazine (Phénergan®).
  • Les antihistaminiques de deuxième génération, eux, sont plus spécifiques des récepteurs de l’histamine et présentent moins d’effets indésirables. Parmi les plus connus : la bilastine (Bilaska®, Inorial®), la cétirizine (Zyrtec, Virlix®), la desloratadine (Clarinex®, Aerius®), l’ébastine (Kestin®), la fexofénadine (Telfast®), la lévocétirizine (Xyzall®), la loratadine (Clarytine®), la mizolastine (Mizollen®) et la rupatadine (Wystamm®).

La sensibilité aux molécules varie selon les personnes, mais on mise généralement sur des antihistaminiques de deuxième génération, indique le Dr Nguyen. Les antihistaminiques de première génération sont plutôt en voie de disparition.

Quels sont les antihistaminiques disponibles sans ordonnance ?

Une réaction à une piqûre d’insecte ? Un week-end dans une grange en rénovation un peu trop poussiéreuse ? Une exposition occasionnelle à un animal de compagnie auquel vous êtes allergique ? Pour cela, il existe de nombreux antihistaminiques disponibles en ventre libreen pharmacie : Benadryl®, Cétirisine Mylan Pharma®, Doli allergie®, Humex® allergie, Reactine®, Zyrtecset®.

Tout aussi efficaces que les antihistaminiques sur ordonnance, ils ne sont cependant pas remboursés et peuvent s’avérer légèrement plus chers. Si vous optez pour ce type de médicaments n’hésitez pas à demander conseil à votre pharmacien (ne) qui saura vous aiguiller au mieux selon la situation. Respectez scrupuleusement la posologie et la durée du traitement indiquéessur la notice et prenez rendez-vous chez un médecin si les symptômes persistent ou s’aggravent.

Quels sont les antihistaminiques disponibles sur ordonnance (liste) ?

Parmi les antihistaminiques les plus prescrits, on compte : Aerius®, Bilaska®, Clarityne®, Kestin®, Virlix®, Xysall® ou encore Zyrtec®.

Peut-on prendre de la cortisone et un antihistaminique H1 ?

Pour rappel, la cortisone est un médicament corticostéroïde généralement prescrit pour traiter les inflammations et les allergies graves. Il est généralement possible de l’associer à un antihistaminique H1. Cela peut même être recommandé dans certains cas, pour traiter des allergies ou des inflammations graves.

« Et en cas d’allergie grave, si cela ne suffit pas, on peut passer par une désensibilisation, autrement dit, une immunothérapie ciblée contre un allergène précis, souligne le Dr Nguyen. Cette prise en charge s’effectue parfois sur plusieurs années et consiste à exposer les patient(e)s à des doses progressives d’allergènes pour habituer leur organisme et faire en sorte qu’il cesse de déclencher des réactions inflammatoires. »

Peut-on consommer de l’alcool, des anxiolytiques ou des antidépresseurs sous traitement antihistaminique ?

Il est généralement déconseillé de consommer de l’alcool (même en petite quantité), des antidépresseurs ou des anxiolytiques parallèlement à un traitement antihistaminique. Pour cause ? Cela peut augmenter les effets secondaires tels que la somnolence, la fatigue et les étourdissements. Si toutefois vous deviez « mélanger » des anxiolytiques, des antidépresseurs, de l’alcool et des antihistaminiques, il est fortement déconseillé de prendre le volant.

Somnolence, nausées, sécheresse buccale… Quels sont les effets secondaires de ces médicaments anti-allergie ?

Les effets secondaires des médicaments antihistaminiques sont malheureusement bien connus, notamment la somnolence. En théorie, les antihistaminiques de deuxième génération provoquent moins d’effets secondaires, mais certaines personnes y restent tout de même très sensibles. « Chaque personne réagit différemment en fonction des molécules, des doses utilisées, de sa corpulence, etc. Il est aussi difficile de distinguer la fatigue liée aux symptômes de l’allergie de la fatigue liée à la prise d’antihistaminiques », relève le Dr Nguyen.

D’autres effets secondaires peuvent aussi se manifester :

  • des vertiges ;
  • des nausées et des vomissements ;
  • une sensation de bouche sèche et de soif intense ;
  • une sécheresse oculaire et une altération légère de la vision ;
  • une constipation (les antihistaminiques peuvent en effet réduire la mobilité intestinale) ;
  • des difficultés à uriner (les antihistaminiques peuvent réduire la capacité de la vessie à se vider entièrement) ;
  • etc.

Ces effets secondaires sont normalement légers et temporaires ! S’ils persistent ou s’aggravent, consultez un(e) professionnel (le) de santé.

En vidéo : « Peut-on guérir d’une allergie respiratoire ? »

Pour en savoir plus sur les allergies respiratoires, rendez-vous sur le site de l’association Asthme & Allergies. Ses principaux objectifs ? Informer et soutenir les patient(e)s asthmatiques ou allergiques, les parents, ainsi que les médecins et les professionnel(le)s de santé. Vous pouvez également contacter leur numéro Vert : 0800 19 20 21 (appel gratuit). 

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