Santé

Consentement sexuel : plus de la moitié des jeunes n’osent pas dire « non » à leur partenaire


Près de deux tiers de la génération Z (63 %) ont peur de dire « non » à leur partenaire ou de le décevoir, dans l’intimité, selon une étude Bumble.

Si la notion de consentement entre progressivement dans les mœurs, le chemin vers une sexualité saine est encore long dans la pratique. Notamment au sein de la jeune génération. Une nouvelle étude menée par l’application de rencontre Bumble avec l’institut de sondage YouGov, publiée ce mercredi 21 février, lève le voile sur la façon dont les jeunes Françaises et Français perçoivent le consentement dans un contexte de rencontres, de séduction et dans leurs relations amoureuses. Résultat, une grande majorité de la population française (92 %) estime que le consentement (le fait d’exprimer son accord pour participer à une relation intime ou sexuelle) est la clé d’une relation saine. Une prise de conscience sans doute encouragée par l’émergence du mouvement #MeToo il y a six ans, et par la libération de la parole des femmes dans l’espace public à ce sujet.  

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Difficulté à exprimer ses désirs, peur de dire « non » 

Pour autant, plus de la moitié des personnes âgées de 18 à 24 ans (51 %) déplorent un manque d’éducation sur le sujet, au niveau du cadre légal autour de cette notion. Des chiffres qui font tristement écho à la décision de plusieurs États membres de l’Union européenne, dont la France, qui refusent de caractériser le viol par l’absence de consentement dans un texte communautaire. Ce manque d’informations se ressent dans l’intimité des jeunes, puisque près de deux tiers d’entre elles et eux craignent de dire non à leur partenaire ou de le décevoir (63 %). De façon plus générale, plus d’une personne sur trois âgée de 18 à 24 ans (38 %) éprouve toujours des difficultés à exprimer ses désirs. 

Ouvrir la discussion sur nos désirs et nos limites 

Aussi, plus de quatre personnes sur dix (44 %) estiment qu’il y a un manque de communication verbale claire à ce sujet. Plus inquiétant encore, près d’une personne sur huit (14 %) s’est déjà sentie obligée d’avoir un rapport sexuel pour faire plaisir à l’autre – un chiffre qui atteint les 24 % au sein de la Gen Z. Enfin, un tiers de cette tranche d’âge (33 %) craint que le fait d’aborder la question du consentement ne fasse disparaître la spontanéité et le romantique dans la relation. Des chiffres qui font froid dans le dos.  

« Évidemment, dans nos cultures, les femmes sont éduquées à faire plaisir, tolérer (voire consentir), ce qui fait que beaucoup anticipent à l’idée de dire non, de peur de déplaire au partenaire (surtout dans une relation hétérosexuelle). Ce cadre culturel inhibe beaucoup toutes formes d’initiative érotique (mais pas que !) de la part des femmes », souligne Aurore Malet-Karas, docteure en neurosciences, thérapeute de couple et sexologue. Et d’ajouter : « Pour dépasser cette peur, le mieux reste de discuter de nos limites et surtout de nos désirs, idéalement au préalable, lors de dates par exemple, permet justement d’éviter des situations inconfortables. » 

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